La culture de la vigne

Dès le départ la culture du vignoble a été repensée...
La taille de chaque pied a été ramenée à 6/8 yeux producteurs, en quatre coursons. La forme de chaque pied a été progressivement modifiée, afin de faciliter les accolages, tout en préservant la surface foliaire.

Suppression totale de fumures minérales, annuelles auparavant. Raisonnement de la fumure organique en fonction de l’exportation faite par les raisins.

Lutte raisonnée avec des traitements plus adaptés à une production de qualité. Les traitements anti-botrytis ont été limités, de façon à préserver toutes chances de pourriture noble, malgré le risque d’attaque de pourriture grise. Ce risque est également augmenté par la volonté d’atteindre la meilleure maturité possible dans les millésimes difficiles. Ces différents choix ont imposé l’utilisation de tables de tri afin d’éliminer tous les raisins abîmés.

Dès le départ toutes les vignes ont été remises en culture. Le labour a deux avantages essentiels :
- Il permet d’éviter l’apport de produits chimiques. La flore, visible au printemps avant le premier labour et la faune, capitale pour la vie microbiologique des sols, traduisent le retour à l’équilibre des terres.
- Il impose aux racines de plonger plus profondément dans la roche mère calcaire toute proche. La destruction mécanique des racines superficielles par les socs des charrues et l’enracinement en profondeur permettent seuls d’élaboration de vins de caractère.

Cette démarche est capitale, car en l’absence de labour, la vigne s’installe en surface et ne cherche pas bien sûr la difficulté : passant ainsi à coté, ou plutôt au dessus, du terroir.

A cette technique utilisée au départ, s’est substituée une taille d’une extrême sévérité terminée avant la fin mars. Cette technique impose de prendre tous les risques. Elle est évidemment moins confortable que la taille en vert, qui permet un réajustement de la charge, en toute connaissance de cause, lorsque les risques de gel et de coulures sont écartés.

Cette taille très sévère a pour intérêt majeur d’éviter toute déperdition au départ de la végétation. Seuls quelques rares réajustements sont alors nécessaires.

A la fin de l’été, dès que les plus gros risques de grillé sont passés, le vignoble est entièrement effeuillé : d’abord la face soleil levant, puis les deux. Cette technique permet une meilleure exposition des grappes et une meilleure ventilation, qui limite la propagation de la pourriture grise en cas d’humidité. Elle facilite en outre le travail de tri des vendangeurs.

A partir de début septembre, nous effectuons un prélèvement systématique une fois par semaine dans les différentes parcelles. Le Domaine a été parcellisé, afin d’obtenir sur chacune d’elle (une trentaine environ) une entité d’âge de plantation, de type de sol et d’orientation. Sur toutes les parcelles, nous prélevons une cinquantaine de grains de raisin dans toutes les expositions, de façon à permettre le plus de précision possible. Ces prélèvements permettent de visualiser l’état sanitaire de la récolte, l’évolution de la grosseur du grain, et de définir au mieux la maturité. Un historique de chaque parcelle a été établi depuis dix ans, ce qui permet une approche très précise afin de commencer les vendanges au meilleur endroit, au meilleur moment.